Vous serez vue une ou plusieurs fois en consultation par un des chirurgiens de l’équipe.
Si une indication opératoire est décidée, après qu’elle vous soit expliquée, vous sera fixée une date opératoire précédée d’une date de consultation avec un anesthésiste du service.
Vous recevrez chez vous la confirmation écrite de la date et des modalités de votre hospitalisation. Cette confirmation vous permettra d’entrer dans l’hôpital.
Voici les différentes prises en charge possible dans le service de gynécologie du CHU Bicêtre.


- chirurgie fonctionnelle (règles abondantes, fibromes, polypes…)

Nous privilégions les techniques conservatrices, c’est à dire sans hystérectomie. Pour cela le service est équipé des différentes méthodes permettant ces prises en charges : thermo destruction, micro onde, résections de l’endomètre,…
Elles représentent prêt de 500 prises en charges annuelles.
Les hospitalisations sont quasi exclusivement en ambulatoire (1 journée d’hospitalisation)
Lorsque cela s’avère nécessaire, le traitement radical (hystérectomie) est pratiqué le plus souvent (90% des cas) par chirurgie mini invasive: coeliochirurgie ou voie basse, c’est à dire sans ouverture du ventre. L’hospitalisation dure alors 2 ou 3 jours.


- chirurgie de l’infertilité (synéchie, cloison…)

Les interventions sont réalisées par voie hystéroscopique, c’est à dire par l’intermédiaire d’une caméra dans la cavité utérine, et/ou coelioscopique, et/ou fertiloscopie (caméra par le vagin).
L’hospitalisation se fait en ambulatoire.


- chirurgie des annexes (kyste des ovaires…)

Quasi exclusivement, ces prises en charge se font par cœlioscopie (sans ouverture du ventre) nécessitant 1 hospitalisation d’1 ou 2 journées.



- chirurgie de la statique pelvienne (prolapsus et incontinence urinaire)

Le service privilégie les abords mini invasifs soit par coeliochirurgie (sans ouverture du ventre) soit par les voies naturelles (par voie vaginale sans ouverture du ventre) qui nécessitent 2 à 3 jours d’hospitalisation.
Pour la chirurgie de l’incontinence urinaire, il s’agit le plus souvent d’hospitalisations ambulatoires (1 journée).


- chirurgie carcinologique pelvienne (cancers du col, endomètre, ovaire, vulve)

Le service utilise autant que faire se peut les chirurgies dites mini invasives, c’est à dire par coeliochirurgie pour le pelvis (sans ouverture du ventre).


- chirurgie carcinologique mammaire (cancer du sein)

Le service pratique essentiellement le traitement conservateur du sein et le curage type sentinelle lorsque c’est nécessaire (conservation du sein et mini prélèvement des ganglions sous le bras). Le plus souvent la sortie se fait le lendemain de l’intervention.

Vous trouverez pour chaque type d’intervention listée, une explication en quelques lignes du principe de celle-ci :

 

- Conisation

La conisation consiste à enlever chirurgicalement une portion du col utérin. La pièce prélevée est en forme de cône, sa base est plus ou moins large (1 à 2 cm), sa hauteur est en moyenne de 10 à 15 mm. Elle est réalisée le plus souvent devant l'existence d'anomalies du col. En l'absence de traitement, ces lésions peuvent évoluer après plusieurs années vers un cancer du col de l'utérus, ce qui justifie l'ablation d'une portion de celui-ci. L'intervention a deux buts principaux.

1. Elle permet de confirmer la nature exacte de la lésion et son étendue à la surface du col et dans la portion de canal cervical qui a été enlevée.

2. Elle est également thérapeutique, c'est-à-dire qu'elle normalise le col et rend
exceptionnelle l’évolution vers un cancer du col.

L'intervention peut être réalisée sous anesthésie générale ou loco-régionale (rachianesthésie) selon votre cas et votre préférence. La conisation s'effectue par les voies naturelles. Elle peut être réalisée à l'aide d'une anse électrique ou d'un laser.


- Cure de prolapsus

Cette intervention a pour but de traiter une descente d'organes du petit bassin. La vessie, l'utérus et le rectum peuvent être descendus (ou prolabés) à des degrés divers dans le vagin. L'intervention permet de les remettre en place et de les fixer dans le petit bassin. Elle peut permettre de traiter dans le même temps opératoire certaines manifestations souvent associées au prolapsus, comme une incontinence d'urine.

Elle peut comporter l'ablation de l'utérus, conservant parfois le col (hystérectomie subtotale) ou non (hystérectomie totale). En cas de nécessité d'une hystérectomie, il peut être également souhaitable de réaliser l'ablation des ovaires.

L'intervention peut être réalisée sous anesthésie générale ou loco-régionale (rachianesthésie), selon votre cas et les décisions du chirurgien et de l'anesthésiste.

L'intervention peut se réaliser de deux manières principales:

  1. Cure de prolapsus par voie abdominale (ou voie haute)

Dans ce cas, l'intervention est réalisée le plus souvent par cœlioscopie (chirurgie mini invasive).Le col de l’utérus, le vagin, la vessie et le rectum sont maintenus en place à l'aide de deux bandelettes fixées à un élément solide du bassin.

  1. Cure de prolapsus par voie vaginale (ou par voie basse)

L'intervention se déroule alors par les voies naturelles et ne comporte pas d'incision abdominale. Elle consiste à interposer entre vessie et vagin et/ou entre rectum et vagin une prothèse qui assurera le maintien de ces organes.

 

- Cure d’incontinence urinaire

L'intervention peut être réalisée sous anesthésie générale ou loco-régionale (rachianesthésie), selon votre cas et les décisions du chirurgien et de l'anesthésiste. Elle consiste à positionner une bandelette sous l’urètre qui va permettre de reconstituer un ligament afin d’empêcher les fuites d’urine à l’effort. Il y aura une incision d’un centimètre sous le méat urétral et 2 petites cicatrices sur la face interne de cuisse ou au dessus du pubis afin de permettre le passage de cette bandelette.


- Hystérectomie

L'hystérectomie consiste en l'ablation chirurgicale de l'utérus. Elle comporte également en général l'ablation du col de l'utérus. Il s'agit alors d'une hystérectomie totale. Selon les cas, il peut être nécessaire de réaliser l'ablation des ovaires et des trompes, l'intervention est dénommée dans ce cas hystérectomie avec annexectomie. L'intervention peut être réalisée sous anesthésie générale ou loco-régionale (rachianesthésie), selon votre cas et les décisions du chirurgien et de l'anesthésiste. L'intervention peut se réaliser de deux manières principales:

1. Hystérectomie par voie abdominale (ou voie haute)

Dans ce cas, l'intervention est réalisée par une ouverture de l'abdomen, généralement horizontale, parfois verticale, entre le pubis et l'ombilic.

2. Hystérectomie vaginale (ou par voie basse)

L'intervention se déroule alors par les voies naturelles et ne comporte pas d'incision abdominale. Parfois cependant, pour faciliter certains temps opératoires, il peut être nécessaire d'avoir recours à une cœlioscopie. Le chirurgien vous précisera le type d'intervention qu'il prévoit pour vous.


- Hystéroscopie

L'intervention, qui se déroule par les voies naturelles, permet de visualiser directement l'intérieur de la cavité utérine. Un tube muni d'une optique est introduit par le canal du col utérin et un liquide est injecté dans la cavité utérine pour permettre la visualisation. L'hystéroscopie opératoire peut permettre de traiter certaines anomalies de la cavité utérine confirmées par l'exploration (fibromes, polypes, anomalies de la muqueuse, cloisons, synéchies...) à l'aide d'instruments et/ou d'un bistouri électrique, toujours par les voies naturelles. L'intervention peut être réalisée sous anesthésie générale ou loco-régionale (rachi-anesthésie), après avis du chirurgien et de l'anesthésiste. Il est parfois possible ou nécessaire de réaliser une autre intervention au cours de la même anesthésie (par exemple, en cas de stérilité, une cœlioscopie est souvent réalisée simultanément).


- Myomectomie

Le myome ou fibrome est une tumeur bénigne survenant fréquemment chez la femme après la quarantaine, mais parfois plus précocement en raison de facteurs favorisants familiaux. La situation des fibromes est variable, à l’intérieur même de l’utérus, dans la cavité utérine, dans la paroi musculaire de l’utérus ou encore rattachés à celui-ci par un pédicule plus ou moins large.

La décision de l’intervention repose sur l’existence de symptômes (hémorragies, douleurs, infertilité) ou en raison d’un volume devenu trop important du ou des fibromes. Le caractère unique ou multiple des fibromes, leur localisation conditionnent la technique d’ablation. Une myomectomie consiste en l'ablation chirurgicale d'un ou plusieurs fibromes utérins tout en conservant l'utérus. Cela permet donc de conserver les règles et éventuellement la possibilité d’une grossesse ultérieure.

Il est possible de pratiquer l’ablation d’un fibrome sans aucune cicatrice dans le seul cas ou le fibrome est situé dans la cavité utérine et à condition qu’il ne soit pas trop gros (< 4 cm). On pratique, pour ce faire, une hystéroscopie opératoire.

Dans tous les autres cas, il est nécessaire d’aborder le ou les fibromes soit par une ouverture abdominale, le plus souvent transversale et suspubienne soit, si la taille du fibrome l’impose, par une cicatrice médiane verticale, c’est la myomectomie par laparotomie. Si le fibrome est de taille raisonnable (< 8 cm) et s’il y a moins de 3 fibromes, il est possible de réaliser l’intervention par cœlioscopie opératoire ; les incisions seront plus petites et le fibrome sera sorti du ventre en petits morceaux par morcellation. Parfois, si le fibrome est postérieur et accessible par les voies naturelles, il est possible de réaliser l’intervention par voie basse.

Le chirurgien vous précisera le type d'intervention qu'il prévoit pour vous. Quelle que soit la voie d'abord, l'intervention comporte une incision de la paroi de l'utérus, l'ablation du (ou des) fibrome(s) et la fermeture de la paroi de l'utérus. Elle nécessite une anesthésie générale ou loco régionale (rachianesthésie).


- Chirurgie du sein

C’est l'ablation chirurgicale d'un nodule du sein ou d’une zone dans laquelle des micro-calcifications ont été mises en évidence. Cette intervention peut se faire d’emblée ou après ponction ou biopsie préalable. Si le nodule ou les calcifications sont bénins, l'intervention se limitera à leur ablation. À l’inverse lorsque la lésion est maligne, un complément au geste chirurgical peut être décidé:

  • ablation de la totalité du sein à la condition que vous ayez donné votre accord avant l’intervention après avoir été prévenue de cette éventualité (mammectomie) ;

  • exploration des ganglions de l’aisselle du même côté que la lésion, ou bien en totalité (curage axillaire), ou bien ne portant que sur des ganglions repérés avant l’intervention proprement dite (ganglion axillaire sentinelle).

La nature maligne de la lésion peut être connue avant l’intervention par un prélèvement de celle-ci au cabinet du médecin ou sous contrôle radiologique ou échographique, ou bien lors de l’intervention proprement dite par son examen microscopique pendant votre anesthésie. Si un geste ganglionnaire est prévu et si la technique du ganglion sentinelle est programmée, une injection de colorant bleu et/ou d’un isotope sera faite dans la zone suspecte ou autour du mamelon afin de localiser le ou les ganglion(s) sentinelle(s).

Lorsqu’un curage ganglionnaire complet est préféré, cette injection préalable est inutile. Lorsque le nodule n’est pas palpable (ou pour les micro-calcifications), la zone dont il faut pratiquer l’ablation est repérée avant l’opération par le radiologue qui met en place un fil repère en s’aidant de la radiographie ou de l’échographie du sein. En règle générale l’opération chirurgicale est réalisée sous anesthésie générale. L'incision est, si possible, réalisée dans un endroit peu visible : autour du mamelon ou dans le sillon cutané en dessous du sein selon l'emplacement du nodule à enlever. Quelquefois, sa localisation nécessite une incision directement au niveau du nodule. Selon les constatations de votre médecin et les examens complémentaires déjà réalisés, il peut être nécessaire de vérifier la nature de ce nodule en cours d'intervention par un examen au microscope (examen anatomo-pathologique extemporané) alors que vous êtes toujours sous anesthésie. Lorsque le nodule apparaît bénin lors de cet examen, l'intervention est terminée. Un dispositif de drainage des sécrétions (petit tuyau ou drain) est parfois mis en place au niveau du sein.

Si des cellules malignes sont mises en évidence, l'intervention peut être poursuivie par le prélèvement de ganglions par une incision du creux de l'aisselle (curage ganglionnaire qui consiste en l’ablation de ganglions pour analyse). Un dispositif de drainage des sécrétions de lymphe par un petit tuyau ou un drain est souvent laissé en place pour quelques jours au niveau du creux de l’aisselle.


- chirurgie par cœlioscopie

Cette intervention consiste à examiner sous anesthésie générale l'intérieur de l'abdomen, en particulier les organes génitaux (utérus, ovaires, trompes) à l'aide d'un appareil d'optique de quelques millimètres de diamètre introduit par une petite incision au niveau du nombril. La visualisation se fait sur un écran relié à la camera fixée sur le système optique. De plus en plus d’interventions de plus en plus complexes sont pratiquées sous cœlioscopie. Les actes opératoires sont pratiqués grâce à la mise en place d’entrées supplémentaires au niveau de l’abdomen d’un diamètre habituel de 5 mm, mais pouvant aller jusqu’à 10 ou 12 mm, permettant le passage de tous les instruments nécessaires. Pour permettre une bonne vision, un gaz (gaz carbonique) est introduit dans l'abdomen. Il existe 2 types de cœlioscopie :

La cœlioscopie diagnostique.

Elle permet de rechercher une anomalie indécelable par d'autres moyens comme, par exemple, des séquelles d'une infection génitale ou une endométriose.

Au cours de cette intervention, le bon fonctionnement des trompes peut être vérifié par l'injection dans l'utérus d'un produit coloré que l'on peut voir sortir par l'extrémité, ou pavillon, des trompes (« épreuve au bleu »).

La cœlioscopie opératoire.

Au cours de celle-ci, le chirurgien peut réaliser le geste chirurgical au cours de la même anesthésie, sans ouvrir l'abdomen : d'autres petites incisions sur l'abdomen sont alors nécessaires pour introduire des instruments de chirurgie (pinces, ciseaux, matériel de coagulation). Cette technique est employée notamment pour traiter une grossesse extra-utérine, un kyste de l'ovaire, une endométriose ou des adhérences.

Les progrès de la cœlioscopie opératoire permettent même d’envisager des gestes plus complexes comme hystérectomie, cure de prolapsus par exemple. Quel que soit le geste réalisé, en cas de difficultés opératoires, de constatations anatomiques particulières ou de complications, le chirurgien peut être amené à procéder à une ouverture de l’abdomen par une incision appropriée (laparotomie).


Vision coelioscopique

- Fertiloscopie

La fertiloscopie est une intervention qui consiste à évaluer l’aspect des ovaires ainsi que la perméabilité des trompes sans nécessiter de chirurgie coelioscopique. Cette intervention peut aussi permettre un traitement des ovaires polykystiques par la réalisation d’un drilling ovarien (micro perforation monopolaire de l’ovaire).

Elle est réalisée par accès vaginal du cul de sac de Douglas à l’aide d’un fertiloscope. C’est une intervention de courte durée, pratiquée en ambulatoire, et le plus souvent réalisée dans le cadre de la chirurgie de l’infertilité.




Fertiloscope

 


Vision fertiloscopique

Voici les Fiches d'information qui sont données aux patientes à la sortie de leur hospitalisation afin d’expliquer les suites opératoires habituelles et inhabituelles:

Fiches d'information: